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Je vis dans la peau d'une lycéenne taiwanaise grâce au Rotary

30 Jun

THE END

Publié par Ming-Ming

Affiche placardée sur la porte pour mon retour en France

Affiche placardée sur la porte pour mon retour en France

16.08.12 - 26.07.13 = 11 mois et 10 jours = 344 jours = une vie

Cela fait aujourd’hui près de 11 mois que je suis revenue et il est plus que temps de faire un bilan post-échange.

 

Comment décrire ce que je ressens ?

 

Plusieurs personnes m’ont demandé si j’avais réussi à m’acclimater au système français. A ces personnes-là, je leur réponds : « je n’ai pas eu à m’adapter mais juste à me réadapter ». Même si j’aime dire que je suis taïwanaise, pour avoir subi les différences culturelles, j’ai pu voir à quel point j’étais une petite occidentale française.

 

Donc revenir en France n’aurait dû pas être une étape trop difficile. Et pourtant ….

 

Je suis revenue chez moi, j’ai vu mes parents, mes amis, ma famille, ma ville après des mois d’absence mais quelque chose a changé en moi. Quoique certains puissent dire, derrière l’image que je peux donner en France, je ne suis plus la même. Je raisonne différemment. Certes, j’agis de la même manière, mon caractère est resté quasi-inchangé, mais il y a quelque chose d’autre impossible à expliquer.

 

Pendant un an, j’ai eu le temps de me faire une nouvelle vie. Et maintenant c’est fini. Et seuls restent les souvenirs.

 

J’ai l’impression quelques fois de n’avoir jamais quitté la France mais d’avoir fait un rêve merveilleux et de m’être réveillée avec une sensation exquise de bien-être.

 

Je n’ai jamais été aussi épanouie qu’à Taiwan. Peut-être est-ce parce que cette vie, je l’ai choisie. J’ai pu recommencer à zéro. Ou alors est-ce autre chose ? Enfin … Je ne pense pas qu’il y ait de raisons particulières à se sentir bien dans sa peau.

 

Mais je constate aujourd’hui que je suis plus optimiste. J’apprécie plus facilement ce que la vie m’offre et ai appris à ne pas regretter de ne pas avoir quelque chose mais au contraire à me battre pour l’obtenir. Cependant, je dois avouer que je regrette énormément de ne pas retourner à Taiwan cette année.

 

Cette année semble si lointaine maintenant. J’y repense toujours avec nostalgie. Je ne peux m’empêcher de tout comparer avec Taiwan. Entendre les gens m’appeler Claire me rend triste. Car c’est la preuve que Ming-Ming est partie. Et c’est difficile à admettre.

 

Certes, je ne suis pas totalement mécontente d’être rentrée. Ça fait quand même du bien d’être chez soi, de ne pas avoir à se débattre à parler en chinois.

 

Ce qui me fait le plus plaisir dans le fait d’être rentrée, c’est d’accueillir quelqu’un à la maison. En effet, les étudiants d’échange sont tenus de recevoir des étrangers pour la durée d’un an.

 

Pendant quatre mois, Camille des Etats-Unis est venue vivre à la maison. Quand je la vois, je repense à mon propre échange. Et avant mon départ, nous avions reçu Anita (de l’île de Pâques) et nous allons recevoir en août Tia, une finlandaise.

Alors, je me rends compte que non, l’échange, ce n’est pas qu’un an. C’est le premier chapitre de ma vie qui a d’ores et déjà commencé à déterminer qui je suis. Il m’a ouvert des portes dans le futur, a élargi ma vision du monde, et a laissé une marque indélébile en moi.

 

Je sais qu’un jour j’y retournerai. Quand ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais j’y retournerai car le contraire serait impossible.

 

J’irai pour manger mes nouilles au bœuf dans de la soupe.

 

J’irai pour boire mes Bubble Milk Tea (thé au lait aux boules de tapioca)

 

J’irai pour nager dans l’Océan Pacifique et pour profiter des 30°C de température

 

J’irai pour reparler chinois

 

J’irai pour revoir les gens qui ont compté dans mon échange

 

J’irai pour rire avec mes amis

 

J’irai pour arpenter de nouveau les rues qui ont marqué mon année

 

J’irai pour me sentir à nouveau Ming-Ming

 

En attendant, j’ai la chance d’avoir 艾玛 (Emma, la française qui était avec moi au lycée) avec qui je peux parler au téléphone. Elle comprend ce qu’on peut ressentir en revenant d’une année de Taiwan.

 

J’ai aussi une autre chance inouïe. Car si je ne peux pas aller à Taiwan, c’est Taiwan qui vient à moi. En effet, Natasha, une de mes amies taiwanaises du lycée, vient en France pendant le mois d’août. Elle va passer deux semaines à Aix-en-Provence chez Emma et deux semaines chez moi. Autant dire que j’attends sa venue avec impatience. Elle est sans doute une des taiwanaises avec qui je m’entends le mieux. L’avantage est qu’elle parle anglais couramment donc il était plus facile de parler de choses personnelles avec elle dans la langue de Shakespeare que de parler avec d’autres amies de problèmes profonds dans la langue de Confucius.

 

Natasha et moi à Taipei

Natasha et moi à Taipei

Je suis décidemment très chanceuse car le pays invité du FIG en octobre 2013 était la Chine (le FIG est le Festival International de Géographie se déroulant dans ma ville à Saint-Dié). J’ai donc pu accompagner une troupe d’artistes chinois pour leur servir d’interprète dans les problèmes quotidiens. J’ai ainsi pu constater quelques différences entre le chinois de Chine et celui de Taiwan, mais rien n’empêchant une compréhension mutuelle.

 

Lors du spectacle de la troupe chinoise, j'ai présenté les artistes

Lors du spectacle de la troupe chinoise, j'ai présenté les artistes

Grâce à Facebook, je peux rester en contact avec mes amis taiwanais. Et j’ai toujours en France des petits objets de Taiwan qui m’accompagnent partout, que ce soit le collier porte-bonheur dont je ne me sépare jamais, les nombreux porte-clés qui agrémentent mes sacs, les photos (plusieurs centaines développées et une quinzaine accrochées sur les murs de ma chambre), etc.

 

Et il y a ce blog. Je regrette de ne pas avoir publié plus d’articles. Mais c’est comme ça, je n’avais pas toujours le temps. Quant à ce dernier article, il a été le plus laborieux. Je l’ai écrit en plusieurs étapes, sur une période de plusieurs mois. Je devais à chaque fois m’arrêter car je commençais à pleurer. Il marque la fin de ce blog. Et ce paragraphe est le dernier. A l’heure où j’écris, j’ai les larmes aux yeux. J’ai du mal à y croire. Je clos enfin ce blog. J’annonce enfin haut et fort que mon année s’est terminée. Je suis partie le 26 juillet 2013. L'année aura duré 11 mois et 4 jours. C’est fini, mais pourtant, tout continue. Je tiens surtout à remercier Taiwan en général, le Rotary ainsi que vous tous qui avez suivi mon blog et apporté vos commentaires. Merci à tous et pour tout.

 

明明 Ming-Ming

J’aimerais finir cet article avec deux maximes connues des étudiants d’échange.

Qu’est-ce qui est le plus dur
Entre construire une vie pendant 15 ans et la quitter pour 10 mois
Et construire une vie pendant 10 mois et la quitter pour toujours?

Ce n’est pas un an dans une vie mais une vie dans une année

Et par ce que décidément je n’arrive pas à m’arrêter d’écrire, je réponds aux commentaires/questions :

Pourquoi je ne réponds pas aux commentaires du blog ? Pour une raison inconnue, je n’arrive pas à publier de commentaires sur mon blog. Je sais que c’est aussi le cas pour certaines personnes.

Une personne me demandait le nom de la chanson du Rotary chantée dans mon club : Elle s’appelle : « ROTARY, that spells Rotary ». On la retrouve sur Youtube https://www.youtube.com/watch?v=L-GPE0t7H5c

L’histoire de la vitre que je devais laver trois fois par jour a marqué les esprits et souvent j’entends les personnes me demander si je nettoie les vitres en France : Ayant déjà un très bon niveau dans l’art du lavage de vitres, je n’ai plus besoin de m’entraîner et laisse donc ma mère s’essayer à cet art.

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R
Bravo Claire pour ce blog que j'ai suivi tout au long de cette année. Joli bilan et tu finis en beauté avec ce trait d'humour relatif au lavage de vitres.
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M
Merci beaucoup d'avoir suivi mon blog aussi régulièrement. Et tes nombreux commentaires m'ont incitée à ne pas abandonner ce blog. Quant à la vitre, je me devais de finir sur ce point.<br /> (mon téléphone me laisse publier des commentaires !)

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