Les coulisses de Taiwan
Désolée de ne pas avoir écrit depuis si longtemps. Mais j’étais en voyage de 10 jours et là, je viens d’attraper un sacré rhume.
Autant dire que je ne suis pas spécialement de bonne humeur. J’ai mal à la tête, j’ai le nez qui coule, je tousse toutes les deux minutes. Mais surtout, ma fierté en a pris un coup : moi la Vosgienne, habituée aux températures négatives, arrive à s'enruhmer malgré une température extérieure de 35° ?!
Je dois passer ma mauvaise humeur sur quelqu’un. Quel sera le bouc émissaire ?
Laissez-moi réfléchir … TAIWAN !
Taiwan, excellente idée. Surtout qu’il n’est pas totalement innocent dans mon petit malheur.
Avec cet article, laissez-moi vous présenter les coulisses de ce qui est pour moi, mon deuxième pays. Vous m’avez toujours entendu vanter les mérites de Taiwan, mais là, vous connaîtrez ce qui se cache derrière le tableau.
Voici en exclusivité mon article coup-de-gueule !
A Taiwan, il y a deux choses que je déteste : les « ku Gua », le légume le plus amer du monde. Impossible à manger. Il y a des choses que je n’aime pas et que pourtant, je me force à manger. Mais ce truc, c'est pour moi immangeabe !
L’autre chose que je déteste (comme 95% des étrangers à Taiwan) : le temps !
Ce fichu temps qui atteint des pics de plus de 40° en août ! Mais on crève de chaud dans ce pays !
Enfin, c’est vrai que je ne suis pas trop à plaindre. Qui n’a jamais rêvé de chaleur ? Donc, je rectifie ma phrase : le temps à Taiwan, ça va. Mais ce sont les conséquences de ce temps que j’abhorre.
Les taiwanais ont cette affreuse manie de tourner la clim’ à fond, surtout à l’école. Alors qu’en ce moment il fait 35° dehors, dans nos classes il fait 25°. Comme dirait Emma : «en une seconde, on est téléporté de la forêt tropicale à la Sibérie ».
Vous me direz : « ça va, 25°, c’est super chaud ». Oui mais c’est relatif. Il y a quand même au moins 10° de différence !
Surtout que dans ma salle de classe, un ventilateur se trouve juste derrière moi. J’ai mon dos qui reçoit de l’air froid alors que le reste de mon corps a chaud.
C’est bien connu que ce n’est pas bon de passer de chaud à froid !
Idem pour le métro, le bus, les magasins. Ce qui fait qu’en une journée, il faut compter au moins une trentaine de changements brutaux de température d'où mon rhume. Maintenant, je ne vais plus dans ma classe le temps que je me rétablisse, je reste dans les couloirs en essayant de rester dans une zone de température stable, je me balade toujours en masque.
Des fois, je jette des coups d’œil dans ma classe. Les filles sont en pull, veste et grelottent alors que dehors on meurt de chaud.
En hiver, ils ouvrent les fenêtres dans les classes alors qu’il fait « froid » (15° voire 10°) pour « aérer la salle et ainsi éviter tout risque de contamination ». Euh … la plupart du temps, c’est comme ça qu’on attrape froid. Mais c’est la logique taiwanaise.
Autre exemple pour montrer qu’ils ont un problème avec la température : l’eau. Nous avons des fontaines à eau au lycée. L’eau la plus froide (qu’ils nomment : « tiède ») est à 40° !!! Je l’ai même vu monter à 44° ! Mais ils sont malades de nous donner de l’eau pareille !
J’arrête ce sujet exaspérant pour aborder celui des poubelles, objet pourtant anodin :
On n’en trouve nulle part ! Dès que j’en cherche une, j’ai l’impression de faire une chasse au trésor. Quasi-impossible ! Lorsque j'en trouve une, quelle satisfaction, je danserais presque autour.
Autre chose insupportable : la vision qu’ont les taiwanais sur leur pays. A les entendre, Taiwan est l'endroit le plus dangereux du monde. Franchement, je ne me suis jamais autant sentie en sécurité, même en prenant le métro la nuit (enfin, ça ne m’est pas arrivé souvent). Tout le monde laisse son vélo dehors sans mettre d’anti-vols.
C’est pourquoi ça m’énerve encore plus quand on me dit de faire attention. Si je devais les écouter, je devrais me cloîtrer à partir de 19h dans ma chambre fermée à double-tours, je ne sortirais jamais toute seule. Je n’irais jamais me baigner.
Une fois, j’ai dit à une fille de ma classe que j’allais à la piscine. Elle m’a répondu en hurlant que je ne devais pas car attention, il y a pleins de pervers à Taiwan qui regardent par-dessus les cabines des filles.
Les chauffeurs taiwanais sont aussi au nombre des défauts de Taiwan. Je ne sais pas ce qu’elles ont les voitures à Taiwan, mais il doit y avoir des rayons nocifs car même lorsque le plus gentil taiwanais se met au volant, il se transforme en chauffard grossier. En France, ce n’est rien en comparaison.
Les cafards représentent aussi un grand problème et Taiwan regorge de ces petites bestioles : non, pas frits avec de la salade (ils ne mangent pas d’insectes (ni chien !!!), mais dans les maisons. C’est juste atroce. Heureusement, je ne crie pas dès que j’en vois un, mais je fais toujours une grimace.
Dans ma première famille, il y en avait un nombre impressionnant. J’avais toujours un peu de mal à m’endormir car je les entendais et tous les matins, j’en retrouvais un ou deux morts.
Depuis une semaine, j’ai fait la connaissance des cafards volants.
Là, c’est trop !. J'ai vu un gros truc noir voler dans la chambre. Quand il s’est posé et que je me suis approchée, j’ai découvert le plus gros cafard de ma vie, avec des ailes. Je n’ai guère apprécié et je l’ai frappé avec ma chaussure ne lui endommageant que les ailes.Le garnement s’est caché derrière un meuble ; je l’ai guetté pendant deux heures. Quand il est sorti, j’ai frappé avec mon chausson. Je me suis couchée, mais je me relevais toutes les deux minutes pour vérifier qu’il était bien mort.
Mes coups de gueule sont terminés, mais j'estimais mon devoir de vous informer de ces petits désagréments qui en fait représentent peu de choses par rapport à cette année extraordinaire


