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Je vis dans la peau d'une lycéenne taiwanaise grâce au Rotary

11 Apr

Mes mésaventures (épisode N°2) : escapade nocturne

Ming² est SASF (Sans-Abri et Sans-Famille)
Je revenais d’un trip avec le rotary dans le sud de l’île (ce voyage sera l’objet d’un prochain article). Autant dire que j’étais très fatiguée.
A 21h30, en arrivant devant la maison, j'ai sonné. Je n’avais pas mes clefs car j’évite de les prendre lorsque je voyage plusieurs jours ; j’ai trop peur de les perdre.
Personne ne répondit. Assise sur les marches, j'ai attendu. A 22h30, ne voyant toujours personne, j'ai appelé ma mère d’accueil. Je suis mise en relation avec sa messagerie et je me souvins qu'elle était partie en voyage en Malaisie. La grand-mère était censée être à la maison. Je l’ai appelée mais elle ne répondit pas.
A 23h, désespérée, à l’idée de dormir seule dehors, j'ai voulu appeler des secours. Mais vers qui me tourner ? Je savais que dans ces cas-là, je devais appeler le Rotary. Or, le seul numéro en ma possession était celle de ma conseillère, qui est presque une inconnue pour moi. De plus, elle était au terme de sa grossesse. J'ai laissé tomber l’idée du Rotary.
J’ai appellé donc ma troisième famille d’accueil. La mère m'a dit qu’elle habitait trop loin et m'a conseillé d’appeler ma première famille. N’ayant pas son numéro, j'ai téléphoné à l’américaine qui vivait chez eux. Je lui ai expliqué mon problème et me dit qu’elle allait leur demander.
Je m’apprêtais donc à y aller lorsque je me suis rendu compte qu’à cette heure-là, il n’y avait plus de bus. Quant au métro, il allait être fermé le temps que j’arrive à la station. J’optai pour louer un vélo malgré la pluie. Mon petit sac dans le panier, mon gros sac de voyage en bandoulière, mon parapluie dans une main, la peur dans tout mon corps, j'ai roulé la nuit pendant 40 minutes.
Une fois arrivée, l’américaine m’apprit qu’elle n’avait pas prévenu sa famille car les parents étaient en train de dormir. En revanche, elle avait l’accord du grand-frère d’accueil de 21 ans. Puisque je ne pouvais pas dormir dehors, je n’avais pas d’autres choix que d’entrer.
Dix minutes après, la grand-mère m’appelait pour dire qu’elle venait de rentrer à la maison et qu’il fallait que je revienne. Je lui ai répondu que c’était trop tard.
J’ai donc dormi quelques heures par terre, avec ma serviette en guise de d’oreiller.
Comme les parents n’étaient pas au courant, il fallait que je parte avant leur réveil. Et manque de bol, la grand-mère s’est réveillée plus tôt que d’habitude, à 5h15. L’américaine a donc fait le guet et à 5h20, j’étais dans la rue, en pyjama (je n’avais pas eu le temps de me changer). Je me suis réfugiée au Mac Donald en attendant les cours.
Ce jour-là, j’avais cours de chinois à 8h. avec une interrogation écrite. Trop angoissée, trop fatiguée, j’ai rendu une copie quasi blanche. Mais la prof ne me l’a jamais comptée, vu les circonstances.
L’après-midi, je suis retournée dans mon lycée. Je n’avais pas d’uniforme et ne portais que mon pyjama (magnifique pyjama bleu avec un gros nounours blanc dessus !). Autant dire que j’ai fait sensation avec mes cernes, mon air de chien battu, mes cheveux sales, mes bagages, mon pyjama. Ma prof principale a envoyé ma déléguée m’aider à me sécher avec un sèche-cheveux. Pendant un quart d’heures, ma camarade de classe m’a séchée (moi et mon pyjama).
Mon école a appelé le Rotary qui lui-même a appelé ma famille d’accueil.
En rentrant le soir la maison, aucune excuse de la part de la grand-mère. La nuit où j’avais découché était devenue un sujet tabou.
Maintenant, j’en ris. Mais sur le coup, j’avais très peur. Et pourtant avec du recul, je me rends compte que j’étais assez heureuse. En effet, ça sortait vraiment de la monotonie du quotidien. Et quand la grand-mère a appelé, j’aurais tout aussi bien pu prendre un taxi et tout aurait été fini. Mais j’ai préféré l’option de l’aventure.

Comme « tout est bien qui finit bien », je ne regrette vraiment pas cette escapade nocturne.

Mes mésaventures (épisode N°2) : escapade nocturne
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M
HAHAHAHAHAAAA CLAIRE!! tu me fais trop rire!<br /> autant j'avais lu ta première mésaventure quand tu l'avais posté sur facebook, autant celle là est inédite! je t'imagine trop bien en pyjama dans ton école hyper stricte! mais tu n'avais pas d'habits dans ton sac de voyage? en tout cas t'as été courageuse, partir comme ça, la nuit!!<br /> et tu m'auras bien fait rire! la vie française va te paraître bien fade en comparaison!<br /> gros bisous! je pense à toi! :)
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V
J'adore tes histoires
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