Mes mésaventures (épisode N°1)
Mes mésaventures
Il était une fois : Ming-Ming.
Ming-Ming a 16 ans (ou 18, ça dépend du point de vue), et vit une année une année à Taiwan. Lorsqu’on place une blondinette dans un pays aussi incroyable que Taiwan, on obtient un résultat plutôt surprenant.
Ce premier article inaugure la série d’anecdotes de l’année avec comme thème : les mésaventures.
Direction Taipei 101 par la rue des problèmes en tout genre
Le 31 janvier de l’an 2013, à 10 000 000 mètres de vous se trouvait Ming-Ming, accompagnée de ses chères et tendres camarades de classe. C’était jour de vacances mais toutes avaient école (la logique taïwanaise) . Passons les détails de cette journée, pour nous concentrer sur la sortie des cours.
Notre Ming-Ming favorite (normal il n’y en a qu’une) avait prévu d’aller à l’escalade avec Pierre (fr), Claire (australie) et Quinn (usa). Le rendez-vous était prévu à 17h devant Taipei 101 (station de métro Taipei city hall, ligne bleue). L’école de filles Jinou se trouve à la station de Chiang-Kai-Shek (ligne rouge).
Comme les cours finissaient à 15h30 au lieu de 16h,Ming-Ming avait du temps devant elle. Elle avait prévu d’y aller à vélo mais deux de ses classmates lui proposèrent de l’accompagner (=comprendre « imposer »). Premier hic, elles n’avaient pas compris que la destination était Taipei 101. Elles pensaient juste faire une balade à vélo. 16h30, ces trois demoiselles revenaient devant Jinou. La jeune franco-taiwanaise arriva alors à leur faire comprendre qu’elle voulait aller à Taipei 101, et qu’il ne restait que trente petites minutes. L’auteur tient à préciser qu’elles ne comprenaient pas non pas à cause du chinois de Ming-Ming (même si il n’est pas super, elle arrive quand même à dire : « moi veux aller Taipei 101), mais parce qu’elles étaient (ou devrais-je dire « sont ») têtues comme des mules.
On s’égare, on s’égare !
Bref (le lecteur constatera que sa bien-aimée blogueuse adore employer ce mot). Elles lui proposèrent de venir avec elle. Ming-ming refusa car elles sont très lentes. Elle leur expliqua fort gentiment qu’elles n’arriveraient jamais à suivre le rythme.
Elles insistèrent, Ming-Ming céda.
Pour aller plus vite, elles roulèrent sur le bord de la route et non sur les trottoirs où il y a toujours plein de monde.
16h55, à moins de trois cents mètres de 101, tout semblait marcher ! Les passants se trouvant là à ce moment purent entendre Ming-Ming encourager ses deux camarades avec ces mots : « on va y arriver ! »
Et là, les problèmes commencèrent. Son pneu a crevé. Comme Ming-Ming était sur la route, qu’il y avait des motos, elle ne pouvait pas rester. Il fallait qu’elle regagne le trottoir. Or, des travaux l'en empêchèrent. Elle vit un ouvrier ouvrant la barrière de sécurité pour sortir. A votre avis que fit-elle ? Voyant cette ouverture pour aller sur le trottoir, elle fonça …" malgré le fait que tout le monde sait que les barrières de sécurité ne sont pas faites pour faire joli mais pour signaler un « danger". Ming-Ming arriva sur la nouvelle route, au ciment encore tout liquide. Puis le reflexe idiot : elle descendit de vélo. Non, elle n’aurait pas pu rester sagement sur son vélo ! Résultat : chaussures mortes, vélo "crevé et crade".
Notre jeune damoiselle arriva à sortir, sous les insultes des ouvriers. : on voyait très bien son passage sur la route.
Puis elle enleva ses chaussures et les posa dans le panier du vélo. Comme il faisait très chaud, elle enleva sa veste de l’école. Ses classmates lui proposèrent de poser la veste sur leur vélo. Elle le regrettera par la suite.
Il était 16h58, elles étaient à deux cents mètres de la destination. Ming-Ming enleva ses poids de ses pieds et couru avec le vélo derrière ses classmates. Grâce à l’absence de poids, elle eut l’impression de voler et arriva facilement à courir.
Elles pédalèrent, Ming-Ming courut. Juste devant Taipei101, elles ne trouvèrent aucun passage piétons. Elles durent donc faire un détour. Hélas, Ming-Ming les perdit car elle allait trop vite (chercher l’erreur : une non-sportive courant avec un vélo distançant deux jeunes filles dans la fleur de l’âge à vélo)
Sur le lieu du rendez-vous, aucune trace de Pierre, Quinn et Claire. Le détour l’aura fait arriver à 17h10, quelques minutes trop tard.
Elle vit Bernie (fr) et Mathilde (fr). C’est à ce moment-là que Ming-Ming se rendit compte qu’elle avait perdu ses taiwanaises. Elle se dit alors : « bon, on fait juste un tour cinq minutes puis tant pis . Elles sont taiwanaises, ça devrait aller. »
Elle fit son tour, personne. Elle s’apprêtait à poser le vélo quand elle se rappela que ses classmates avaient sa veste…. veste contenant : son teléphone portable ( = impossible de les appeler), son porte-monnaie ( = pas d’argent), et surtout : sa easy car ( = carte des transports en commun = impossible de rendre le vélo)
Ming-Ming, seule en chaussettes devant Taipei 101, avec un vélo crevé plein de ciment.
Que devait-elle faire du vélo ?
Ne pas le rendre et s’acheter une nouvelle easy car ? Impossible, elle aurait des problèmes.
Aller au centre de location de vélo et tout leur raconter ? Mais qui la croirait ?
Leur dire qu’elle avait crevé et qu’elle avait perdu sa easy card ? Ca arrive à tout le monde après tout. Mais le vélo couvert de goudron, elle en chaussettes, ça ne le fait pas vraiment. Ils la feraient payer et qui sait, porteraient plainte. En fait on n’en sait rien, mais on ne tient pas non plus à le savoir.
Elle décida de retrouver ses classmates.
Nous ferons impasse sur les péripéties de la recherche des taiwanaises. Quoi qu’il en soit, par une succession de coups de chance, notre chère Ming-Ming a réussi à retrouver ses amies avec sa veste. Tout est bien qui finit bien.
Pour résumer, elle a crevé, a "tué" ses chaussures et son vélo dans du ciment, a perdu ses camarades de classe avec TOUTES ses affaires. Elle était seule, en chaussettes, , sans possibilités de rembourser le vélo, de le reposer, ou de prendre des transports en commun.
Et tout cela, en une petite heure.